Fiches : La Crise

Anticiper la déglobalisation: partager les revenus

Dans leur dernier livre, « Pourquoi il faut partager les revenus. Le seul antidote à l'appauvrissement collectifs », Patrick Artus et Marie-Paule Virard anticipent la « déglobalisation » à venir (idée neuve à distinguer du protectionnisme) et expliquent pourquoi il faut désormais partager les revenus, pour des raisons non pas morales ou de justice sociale mais de pure efficacité économique.

Ils plaident pour un véritable changement de modèle économique comme seule réponse, au-delà de la crise actuelle,  à la nouvelle donne mondiale qui rebat les cartes entre pays « émergents » et « avancés ».
« Non, tout ne va pas pouvoir continuer comme avant » : la première phrase du livre annonce la couleur et solennise l'urgence.

Taxer les banques

Après les sommes massives déborsées ou provisionnées par les Etats pour éviter l'effondrement du système bancaire, celle-ci a renoué avec d'insolentsprofits -->Comme le dit l'économiste Jean Paul Fitoussi  : « c'est le seul secteur qui est sorti de la crise ! ».
Les rémunérations, à nouveau, crèvent les plafonds. Selon Jean-Paul Pollin, économiste : « il y a 15 ans, les rémunérations du secteur étaient supérieures de 35% aux autres, aujourd'hui c'est de 50% ! ».

UPP sur la Crise - Intervention de Philippe Aghion

 

Philippe Aghion sur la crise
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Je voudrais parler du modèle économique et social à la lumière de la crise. Quels sont les défis existant avant la crise? Nous avions déjà le défi de la mondialisation (dont Jacques a parlé). D'un côté l'accélération du progrès technique aux États-Unis. De l'autre côté les pays émergents, la Chine, l’Inde, les pays asiatiques qui rattrapent et qui maintenant commencent à innover et exporter dans des secteurs de pointe. L'Europe est prise « en sandwich » entre les deux. Comment exister dans ce nouveau monde ? Le deuxième défi c'est le changement climatique: Comment assurer une croissance durable qui soit compatible avec l'environnement et avec les ressources épuisables ? Est ce qu'on est condamné à la croissance zéro ? Est ce qu'il y a un sentier de croissance qui est compatible avec les objectifs d'environnement ? Ensuite il y a le vieillissement de la population: en France nous avons un gros problème. Problème de solvabilité de nos systèmes de santé et de retraite à cause du vieillissement de notre population. Donc par exemple si on regarde la mondialisation, on a assisté à une accélération du progrès technique aux Etats-Unis notamment depuis les années 90. En même temps, une mondialisation des échanges a permis une accélération du rattrapage par les économies émergentes. Par exemple: depuis 2006 la Chine est le numéro trois mondial en terme de dépenses en R&D. Depuis 2007, elle est le numéro deux mondial en termes d'exportations. (Slide du PIB mondial). La courbe descendante représente la part de l'Union Européenne à 27 dans le PIB mondial. La courbe du bas qui est montante représente la part de l'Asie Chine comprise dans le PIB mondial. Et vous voyez bien la tendance, nous déclinons et eux ils se développent. Et là on n’est pas encore arrivé au croisement mais on y est presque.

UPP sur la Crise - Intervention de Guillaume Garot

Guillaume Garot sur la crise
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Ségolène Royal m’a demandé de vous livrer une courte synthèse après ces travaux d’une immense richesse. Je voudrais tout simplement reprendre les catégories de la feuille de route que nous a tracée Ségolène Royal à l’instant. Une feuille de route qui concerne à la fois le travail collectif que nous faisons, mais également celui que nous devons produire avec l’ambition d’alimenter le projet socialiste de toute la gauche. Je voudrais retenir les points saillants, les pistes à creuser et les possibles à inventer. Ceci, toujours avec cette idée, ce souci, qui consiste à être à la fois dans le local mais aussi dans le global et de passer incessamment de l’un vers l’autre.

3 femmes face aux dérives de Wall Street

Elles se nomment Mary Schapiro, Sheila Bair et Elizabeth Warren.
Ces trois Américaines à la tête d'instances de régulation et d'une commission parlementaire incarnent la volonté des autorités américaines d'assainir Wall Street.

"Contrairement à beaucoup d'hommes qu'elles supervisent, les nouveaux shérifs de Wall Street n'ont jamais aspiré à un salaire à huit chiffres ou à un bureau luxueux", notait il y a quelques semaines l'hebdomadaire Time en leur offrant sa couverture.

UPP sur la Crise - Intervention de Delphine Batho

Delphine Batho sur la crise
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Bonsoir à tous et merci pour tout ce que nous avons entendu ce soir.

Peut-être, pourrions-nous revenir sur le titre de cette Université : Quels nouveaux modèles économiques, sociaux et écologiques pour l’après crise ?

Le 1er enseignement que l’on peut tirer de cette réunion, c’est que nous ne sommes pas dans l’après crise, qu’elle ne se dessine pas encore. Philippe Aghion disait que les prévisions pour 2008–2011 sont très préoccupantes pour ne pas dire catastrophiques. Jacques Attali nous disait tout à l’heure que, non seulement le système financier ne s’était pas assaini, mais qu’au-delà de ça, ce système faisait main mise sur la crise pour rester tel quel et profiter de celle–ci afin que tout continue comme avant.

UPP sur la Crise - Intervention de Yann Algan

Yann Algan sur la crise
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Merci beaucoup. C’est un grand bonheur d’être ici parmi vous.

Merci beaucoup, Ségolène Royal, pour votre invitation.

Je vais commencer par vous parler d’un thème qui est peu abordé par les économistes. Il s’agit de la confiance, notion qui est au cœur de notre vie de citoyen, et qui est essentielle pour comprendre la croissance économique, le développement mais aussi notre capacité à vivre ensemble. Je ne vais pas vous parler nécessairement de confiance dans l’avenir mais de confiance dans les autres, dans les institutions et les partenaires sociaux. Sur ce point, la France semble manquer véritablement d’esprit de coopération et d’interaction entre les citoyens. Je vais vous montrer que ce constat relativement pénalisant. Ça explique dans une large mesure pourquoi la France a du mal à se réformer, pourquoi la France a du mal à mettre en place un système d’Etat-Providence généreux. Je vais vous montrer également que cette défiance des Français les uns envers les autres n’est pas une tare culturelle. Ça n’a rien à voir avec un phénomène complètement invariant. Cela provient d’un dysfonctionnement des institutions. Nous pouvons changer. Essayons de souligner quelles sont les réformes qui permettent de restaurer la confiance entre les citoyens en France.