C'est une intervention sur cette plate forme, vantant le courage des Afghans et Afghanes qui sont allés voter, qui m'inspire ce qui suit. J'ai vécu toute mon enfance et mon adolescence dans un pays où il n'a jamais sévi que dictatures plus ou moins répressives, jusqu'en 1996.J'ai connu pendant une année entière la plus terrifiante d'entre toutes. La milice débarquait dans une maison et embarquait tous ceux qui s'y trouvaient, y compris des vendeurs à la criée, gens misérables gagnant péniblement quelques centimes pour survivre. Puis tous ces gens disparaissaient sous la torture...Sur une population de 7 millions d'habitants, 300.000 personnes ont "disparu" en 27 ans de dictature (présidence à vie transmise de père en fils!).
La vie intellectuelle s'est arrêtée : aucun livre, aucun film, aucune pièce de théâtre, incitant à la réflexion ne pouvait circuler ou être présenté. Quelqu'un a écrit qu'avec ces dictateurs, "le pays tout entier est devenu une prison"!.
Quand je suis arrivée en France, il m'a fallu quelques mois pour me débarrasser de l'habitude de parler politique en chuchotant et en jetant des regards inquiets autour de moi.
C'est la raison pour laquelle je n'ai jamais compris que des "radicaux" disent qu'en France, il n'y a pas de démocratie! La démocratie est infiniment précieuse - et bien sûr perfectible.
Malgré ses limites en France malgré les menaces actuelles, j'en apprécie la valeur inestimable.
Fraternité

