| 17 Août 2009
Analyse du livre de Régis Debray (2009, Gallimard)
Par Philippe Guibert
L'intention de ce livre, et l'explication de son titre, peut se synthétiser avec une phrase extraite de la conclusion : Regis Debray voudrait que nous fassions (et la France en particulier) une "petite cure de "nous" pour éviter le choix "entre sécessions tribales reniant l'unité de l'espèce et l'abstraction humanité couvrant les cruautés de l'argent maître".
Ce livre en trois parties, comporte autant de thèses fondamentales :
- Dans toute société il y a par définition du sacré, parce qu'une société ne tient (et des individus ne tiennent ensemble) que par du sacré ;
- les Droits de l'homme sont notre religion civile (c'est à dire notre sacré d'aujourd'hui), mais cette religion civile est à bout de souffle et elle produit de nombreux effets pervers ;
- C'est le moment de redécouvrir la Fraternité, pour remettre du "nous", du "lien" dans ce pays, dans les temps difficiles à venir.
La première partie sur le sacré est une reprise synthétique des nombreux ouvrages de l'auteur sur la médiologie et les religions.
Il n'y a pas de groupe humain, de société, sans clôture et frontière (un "nous" et un "eux"), et sans référence extérieure, imaginaire et invisible (mythe, valeur, croyance fondamentale...). C'est ce qui permet de tenir ensemble les personnes qui la composent, c'est ce qui leur permet de faire le lien entre le passé et le futur ("ce qui me précède, ce qui m'excède, ce qui me succède").
La seconde partie, sur le crépuscule des droits de l'homme, démontre la puissance inconsciente et l'emprise des droits de l'homme, comme nouveau sacré de notre société. Ce nouveau sacré, il le qualifie ironiquement de "ROC" (Religion contemporraine de l'Occident).
Car "le sacré ne meurt pas, il mute" : après Dieu, la Nation et le Progrès, les Droits de l'Homme ont pris le relais dans nos sociétés démocratiques.
Les pages les plus sarcastiques du livre sont celles où il décrit le nouveau clergé (avocats, philosophes médiatiques - BHL et Gluksmann sont visés implicitement - et journalistes) et où il souligne la "tartufferie", inhérente à toute religion, d'une partie de ce clergé (les soixante-huitards droitdel'hommistes qui finissent dans l'argent et le pouvoir comme Kouchner ).
La dénonciation des effets pervers de ce sacré contemporain est moins sarcastique et plus grave :
- Sur notre politique étrangère (il développe depuis longtemps des thèses proches de celles d'Hubert Védrine et pense que les droits de l'homme sont une des composantes de notre politique mais ne peuvent pas par nature inspirer notre politique étrangère).
Sur la bêtise néocoloniale des croisades occidentales (l'Irak bien sûr, mais pas seulement) : ce sont parmi les pages les plus fortes du livre, où il montre combien notre ignorance des autres (pays, cultures, religions) peut produire des catastrophes et des effets contraires à ceux recherchés.- Sur la dépolitisation et l'affaiblissement de la puissance publique dans nos pays, le triomphe des droits de l'homme ayant marché de pair avec la victoire du néolibéralisme, "le droit abstrait, mais le marché concret".
La troisième et dernière partie est la plus neuve dans son oeuvre et justifie le titre de l'ouvrage. C'est à la fois un éloge de la Fraternité, comme possible "moteur de la modernité" et une analyse des conditions de fonctionnement et d'apparition de la Fraternité. Cette partie est d'ailleurs illustrée par quelques récits personnels, en italique, de la première (et dernière) réunion de cabinet de F. Mitterrand à l'Elysée jusqu'à quelques rencontres en Amérique du Sud, pendant sa période révolutionnaire, de Cuba aux paysans boliviens.
La fraternité, ce n'est pas l'amitié ni la philanthropie, ce n'est pas non plus la solidarité, qui est une forme "refroidie" de la fraternité. Regis Debray en donne cette définition : "c'est un regroupement sur critères symboliques, qui prend à rebrousse poil le "je préfère mon frère à mon cousin et mon cousin à mon voisin". On ne naît pas frère, on le devient, par un acte de fraternisation. Une fraternité est une famille non pas dénaturée, mais transnaturée".
La fraternité répond au besoin de dignité, à la révolte et la colère. "Les faibles ont plus besoin de s'associer que les forts". La fraternité a été oubliée par le siècle des Lumières, c'est la période la plus violente de la Révolution qui commence à l'imposer, et c'est la Révolution de 1848 qui l'inscrit dans notre devise nationale.
Regis Debray analyse les 4 conditions favorisant historiquement des moments fraternels: la fête, le banquet, la chorale (le chant), le serment.
Il met en évidence les 4 règles qui permettent à la fraternité de fonctionner, quand "chacun se donne à tous et nul ne songe à soi" (V. Hugo à propos de la Commune) :
- un fratriarche, c'est à dire un entraineur, voire un chef
- une adversité et un adversaire : "on fraternise contre", la fraternité est un combat
- une "séparation libératrice" avec les règles habituelles de la vie quotidienne
- un objectif ou une valeur hors de la communauté fraternelle (un passé à retrouver, un avenir à conquérir)
Pour finir, il analyse la situation française en faisant ce constat : "un excès de fraternités minuscules, de type communautaire et un déficit de fraternité majuscule, intégrant les premières. On ne trouve plus, faute d'une clef de voûte, l'ensemble des ensembles".
Pour cela, Regis Debray nous invite à "essayer d'infléchir notre je-m'en-foutisme au moyen de trois légères pénitences" :
- un effort d'humilité, pour réapprendre les mondes (une humanité plurielle)
- un effort de patience, pour réapprendre le temps (inscrire la fraternité dans un passé, un récit, pour dessiner un futur et il cite en exemple Obama) ;
- un effort d'abnégation pour réapprendre rites et frontières (les cérémoniales et l'espace national comme nécessité pour lutter contre les apartheids et les ghettos à l'intérieur de la Nation).
Annexes : Citations du livre
"L'individu est tout et le tout n'est plus rien"
"Ni le sweet home, ni le tête à tête avec l'écran, ni la course au rendement n'étancheront notre besoin de chanter à plusieurs et au-delà, celui d'appartenir à une lignée qui nous déborde et nous grandisse"
Livre I : du bon usage du sacré
"Un "nous" se noue par un acte, délibéré ou non, de sacralisation".
"Le sacré, c'est un bien de première nécessité, c'est le plus sûr moyen de mise en commun dont dispose un ensemble flou pour faire corps et se perpétuer".
"Qu'est-ce que la sacré sinon ce qui légitime le sacrifice et interdit le privilège ?".
Le sacré est différent du spirituel et du religieux :
« Si les dieux s'enfuyaient, si toutes les religions révélées venaient à disparaître du jour au lendemain, l'athéisme régnant en maître sur notre planète, les sacralités continueraient de prospérer dans notre monde et de plus belle".
"Nationalismes et communismes ont fait la preuve que le plus virulent des sacrés est celui qui s'ignore, ou se fuit lui-même"
"C'est fait dans ce but le sacré : pour raccrocher l'atome à la molécule et l'éphémère au durable ; pour donner le souffle long à une fraternité ; pour la prolongation de soi via l'affiliation à un nous qui me précède et me survivra"
1. Là où il y a du sacré, il y a une enceinte.
Et là où la clôture s'efface, le sacré disparaît
"La frontière au coeur du sacré"
"La cloison irrite mais légitime. Le dispositif de séparation consacre ce qu'il isole".
(La fraternité contre le) "Surgissement à toutes les coutures de la planète, à l'âge dit par antiphrase de l'accès, de nouveaux murs, herses et barbelés, apartheids plus ou moins édulcorés entre communautés ethniques, religieuses et linguistiques"
2. Là il y a un nous, il y a une sacralité ;
et là où le nous se disloque, le sacré s'estompe
"Le lieu est sacré quand il fait lien, mais c'est le lien qui fait le lieu"
Exemple : le mémorial de la Shoah qui est rendu vivant par une communauté militante : c'est un plébiscite de tous les jours
"Une union sacrée est un pléonasme"
"Le sacré est signe d'un nous en ordre de bataille"
"Le bien de tous n'est à personne... le sacré fait exception au code la propriété et n'a pas d'équivalent monétaire"
"Une société n'est pas seulement un système d'échanges, de femmes, de cadeaux, de biens et de mots. Il y a toujours en son sein quelque chose d'inéchangeable, d'inconvertible, qui l'immunise contre l'oubli – et la fatigue d'être soi »
"Ce qui unit sépare et ce qui inclut exclue"
"Sacraliser, c'est enclore pour rassembler, mais se rassembler, c'est se démarquer, sinon se barricader"
"Pas d'appartenance plénière, sans un fond d'allégeance bornée : nous ne pensons pas donc nous sommes"
3. Il n'y a pas de sacralité sans une absence cruciale vers laquelle lever les yeux. Là et quand ce point sublime s'efface, le sacré s'estompe
"Un nous fait corps quand, rassemblé, il voit autre chose et plus que ce qu'il a sous les yeux"
"Ce autour de quoi nous nous réunissons, c'est un centre qui tire vers le haut".
"La France pour De Gaulle : une personne imaginaire et invisible
Pas de lien visible sans sans un invisible par dessus. Pour qu'un "je" et un "tu" fassent un "nous", nettement circonscrit, il leur faut un Autre et qui si possible ne soit pas au beau milieu, en chair et en os".
"Il n' a pas d'après quand il n'y a pas d'avant.
En délimitant un espace, le sacré déverrouille le temps"
"C'est dans les lieux clos que se brûle l'enclos du moi et que l'échappée vers un ailleurs devient possible. Délimitation et élévation s'appellent l'une l'autre".
"Aucun ensemble de relations n'est relatif à lui-même ou alors ce n'est plus un ensemble".
"Le sacré protège de la peur".
4) le sacral ne meurt pas, il mute
"Quand le père éternel s'éclipse, suivi par la patrie et le progrès, on voit les droits de l'homme prendre la posture du commandeur"
"La démocratie avec majuscule et article défini est notre intouchable pierre de touche.
Un sacré collectif sans le nom, lequel prévoit par conséquent des dispositifs juridiques de répression
"Le nous produit du mythe comme il respire, et pour respirer. Son instinct lui souffle qu'il vaut mieux rester uni par une fable que démembré par un procès-verbal. L'avenir des illusions dans notre vie sociale est aussi assuré que celui du lingot d'or chez les rentiers. Pas de chômage technique pour les illuminés"
Livre II : Crépuscule d'une religion : les droits de l'homme
1) Pourquoi et comment est venue cette religion civile
"Le nous des nations démocratiques, tout sécularisé qu'il se veuille, a trouvé son principe unificateur dans la consécration des droits de l'homme : une nouvelle religion civile. Mais elle a atteint son niveau d'incompétence : elle n'est plus un horizon indépassable"
"Les droits humains alimentent une religion inconsciente d'elle-même, comme il arrive aux religions athées, d'autant plus religieuses dans l'âme qu'elles se refusent au mot »
"L'Europe démocratique a enfanté son nous contemporain dans de terribles souffrances, qui ont nom Coventry, Auschwitz et mur de Berlin
==> « Un nouveau système solidaire de croyances et de pratiques relatives à des choses sacrées et unissant en une même communauté morale tous ceux qui y adhèrent », définition de la religion par Durkheim.
"C'est la Religion de l'Occident Contemporain (la ROC)
Son symbole est le triomphe de l'humanitaire : le droit d'ingérence est l'enfant de Hitler et de la télé"
"Il y a en France 6 millions de foyers de « bénévoles donateurs associatifs ». C'est 2,66 milliards d'euros et 45.000 emplois
Le denier du culte a perdu le monopole de l'altruisme ; le charity business voit gonfler ses parts de marché et mange la laine sur le dos de la charité tout court.
Le parvis du Trocadéro : nouveau lieu liturgique
Pub et télé : les arts préférés de notre époque
Notre culte à nous, sans extases ni miracles, s'apparente à la clé de voûte de la période romaine.
Des cultes faciles à vivre, où l'être privé n'a pas à s'impliquer, mais qui sont à la fois englobants et accommodants. Métaphysiquement courts mais juridiquement structurés.
c'est la première religion de France, diffuse mais omniprésente, la seule qui s'enseigne dans les écoles publiques".
"Entre ma personne et le cosmos, entre la perception que j'ai du jour où je vis et un avenir imprévisible, je pressens et constate tant de hiatus et d'aléas que j'ai besoin d'un principe d'organisation et d'interprétation pour conjurer le hasard et donner dans mon esprit une cohérence à ce qui n'en a sans doute pas"
"La ROC nous fait miroiter au bout du chemin de nos peines, la cité où l'homme sera une fin pour l'homme, avec des enthousiasmes sans colère, des foules sans folies et des contacts sans contagion"
"La liturgie est à la charge des gouvernants, la dogmatique incombe aux juristes, la didactique à l'éducation nationale, le catéchèse et l'apologétique au journalisme"
"Le directoire qui veille à la bonne tenue des ouailles peut se définir comme un milieu. Il est centralisé dans la capitale : l'aristocratie de la démocratie d'opinion,
les clercs = « cette fonction de la société qui se tient spécialement pour élue et mise à part et qui pense avoir reçu la mission de gouverner le reste des humains" (F. Buisson).
Le show biz : le pouvoir spirituel d'aujourd'hui, encadrement des esprits et fourniture des repères.
Les emballements de ce cercle d'or sélectionnent les thèmes de la conversation nationale et dessinent pour nous les contours du réel".
"Une démocratie bien tenue peut tourner la vile multitude de deux façons : l'appel aux capacités, compétences et experts et le recours aux manipulateurs de symboles"
2) Les effets pervers de cette religion civile
Critique des droits de l'homme comme « composante centrale de notre politique étrangère ».
"La ROC carbure à la tartufferie, sans quoi elle tomberait en panne".
"En société cosmétique, n'importe quel ministre est à la roue : il faut être populaire pour accéder aux affaires et encourir l'impopularité pour bien les traiter".
"La ROC n'est pas étrangère à la dépolitisation de la politique, la crétinisation des esprits, le regain de réflexe colonial et la montée aux extrêmes des lisières pilonnées ;
c'est la religion naturelle d'un puzzle de petits boursicoteurs et de gros actionnaires, l'escorte sacerdotale du moins d'Etat et des privatisations. Consacrant l'alliance du droit abstrait et du marché concret, l'impératif s'en est répandu en même temps que les stocks options, les ajustements structurels du FMI et les soap opéras, au même pas que l'alignement néo-libéral, où le global parle globish. Un petit paquet d'actions pour tous et pour chacun le droit au juge"
"L'humiliation du politique par l'économique et des obligations communes par le « c'est mon droit »
"Libéraux par la droite, libertaires par la gauche, nous avons assisté à un émouvant soulèvement des coeurs et des esprits contre l'idée de puissance publique"
"On ne veut plus d'histoire, elle est sale, on veut du propre. On s'évade de l'histoire par l'angélisme"
"Faire ressortir au XXIème siècle la bêtise coloniale"
"L'univers, nous qui croyons avoir les moyens de le façonner à notre image, nous ne voulons plus en voir qu'un"
"Une universalité tronquée parce qu'autocentrée et décontextualisée, ayant désappris à parler à l'autre et de l'autre, notre bouillon de culture s'estime à ce point exemplaire qu'il peut se dispenser du souci des autres"
"Ce n'est pas aux dictateurs que nous, les démocrates, nous en voulons, mais seulement à ceux qui votent mal aux Nations unies"
Livre III : le travail de fraternité
"Cette vertu difficile et ambiguë, loin d'avoir son avenir derrière elle, pourrait bien devenir un moteur de modernité"
"La plus douce des vertus" (Lamartine)
"Jacqueries, révoltes, sentiment d'humiliation, sursaut de colère, besoin de dignité : c'est l'angle mort du temps des Lumières où sont nés les droits de l'homme".
"La fraternité est plus élective que la philantropie et plus belliqueuse que l'amitié... C'est une farouche qui mobilise, mais qui ne réclame ni intimité, ni affinités particulières"
"Des éruptions d'affectivité collective".
"Etre égaux par la loi ou frères par le coeur ? La IIIème République a préféré la solidarité, fraternité transférée à l'Etat-providence, devenant tâche impersonnelle et collective"
"La solidarité est une fraternité rationalisée, peut-être castrée, mais efficace"
La fraternité aujourd'hui : faire du nous avec du neuf, différence avec le nous de l'ascendance et de l'ethnie, d'une génération, du statut social de la profession, le nous des traditions et cultures, le nous des affiliations électives (partis, syndicats...
"L'homme moderne a un moi pluraliste, qui ne cesse de négocier, de parlementer entre plusieurs rôles de ralliement"
"Définition de la fraternité : tout ce qui feinte l'état-civil, c'est un regroupement sur critères symboliques, qui prend à rebrousse-poil le "je préfère mon frère à mon cousin et mon cousin à mon voisin".
On ne naît pas frère, on le devient, par un acte de fraternisation.
Une fraternité est une famille non pas dénaturée, mais transnaturée".
La fraternité = une séparation libératrice. Une fraternité, c'est l'univers derrière un mur, mais avec une porte (pas de transparence ni de démocratie dans une fraternité)
La fraternité est une notion tragique. On fraternise contre.
3 missions ont illustré la fraternité : la chrétienté, la nation, la révolution.
Un entre-nous suppose un hors de soi, qui prend sa place dans la chronologie : un par-delà futuriste ou un en-deça passéiste
La France : excès de fraternités minuscules, de type communautaire, et déficit de fraternité majuscule, intégrant les premières.
On ne trouve plus, faute d'une clef de voûte, l'ensemble des ensembles.
- Une humanité plurielle
un peuple : un ethnos (une communauté de langue, de moeurs et de mémoire, un entrelacs énigmatique d'imaginaire et de trivial) et un demos (le pleuple par opposition aux puissants).
Ce dédoublement de la personnalité hante chaque nation
Le démocratisme doctrinaire et colonial, c'est la présomption du démos
- Réapprendre le temps et la patience (le rôle de l'histoire)
Le lien de fraternité n'est pas seulement de coexistence, mais de sucession. C'est une solidarité dans l'instant permise par la chaîne des générations, par une mémoire partagée et des sites sacralisés.
Exemple d'Obama et de son discours du 4 novembre avec Ann Nixon Cooper qui a 106 ans.
Il n'y a pas de coude à coude, là où les générations naissent sous X.
Longue durée et solidarité marchent main dans la main.
qui dit fraternité dit filiation choisie : notre identité narrative.
Réapprendre les rites : ce sont nos agents de liaison, les cérémonials.
- Répparendre les frontières : il faut se situer dans l'espace pour se situer dans le temps, par un contact avec des lieux vivifiants et densifiants.
Notre tradition civique n'est pas celle du ghetto : l'espace national est un bien indivis.
Sans espace national (espace immunitaire), apartheid et ghettos à l'intérieur.

